Rien ne vous prépare tout à fait à cela. On vous a parlé du coup de foudre, des petits vêtements, de la beauté de ce moment. Beaucoup moins des nuits sans sommeil, de ce corps que vous ne reconnaissez pas encore, de cette tristesse qui arrive sans prévenir alors que vous tenez votre bébé dans vos bras.
Je le dis en tant que psychologue, mais aussi en tant que femme et mère : le post-partum bouleverse tout. Et quand on est loin de sa famille, tout pèse un peu plus.
Ce qui vous manque sans que vous le sachiez
Là-bas, votre mère, votre sœur ou votre amie de toujours auraient été là. Quelqu’un pour garder le bébé le temps que vous preniez une douche tranquille. Qui arrive avec un plat tout prêt. Qui vous regarde et vous dit « moi aussi, je suis passée par là ».
Ici, bien souvent, il y a vous, peut-être avec votre partenaire, dans une langue qui n’est pas la vôtre et avec un système de santé que vous apprenez encore à comprendre. Ce réseau invisible soutient plus qu’on ne le croit. Quand il manque, la fatigue peut plus facilement se transformer en autre chose.
Vous ne faites rien de mal
Les premiers jours, il est très fréquent d’être plus sensible, de pleurer sans raison ou de se sentir irritable. Cela passe généralement en une ou deux semaines. Si ce n’est pas le cas, ou si cela s’aggrave, il peut s’agir d’une dépression post-partum. Elle touche bien plus de femmes qu’on ne l’imagine, presque une sur six, et elle se soigne.
Quelques signes :
- La tristesse ou l’anxiété sont toujours là après deux semaines.
- Vous avez du mal à prendre plaisir à quoi que ce soit.
- Vous vous sentez coupable, ou avez l’impression de ne pas être une bonne mère.
- Vous n’arrivez pas à dormir même quand le bébé dort.
- Vous avez du mal à vous sentir en lien avec votre bébé.
Ressentir cela ne fait pas de vous une moins bonne mère. Cela signifie simplement que vous aussi, vous avez besoin de soin.
Si vous avez des pensées de vous faire du mal ou de faire du mal à votre bébé, demandez de l’aide aujourd’hui même : appelez les urgences ou parlez-en à votre médecin ou à votre sage-femme.
Un espace pour vous
En thérapie, nous faisons de la place à tout : ce que vous attendiez et ce que vous vivez, la fatigue, la solitude, la femme que vous étiez et celle que vous devenez. Sans jugement. Et nous cherchons ensemble comment tisser un réseau ici, même petit.
La première séance est gratuite et vous pouvez la faire depuis chez vous, votre bébé dans les bras si besoin.


